Oui. Je te proposerais une idée théologique qui me paraît particulièrement adaptée à tes crises d'angoisse : tu peux souffrir intensément sans que ta souffrance signifie que Dieu t'a abandonné, ni que ta foi est défaillante.
1. Jésus lui-même a connu une angoisse profonde
À Gethsémané, Jésus déclare :
« Mon âme est triste jusqu'à la mort. » (Matthieu 26.38)
Dans ce jardin, Jésus éprouve une détresse immense. Cela nous rappelle que l'intensité de la souffrance n'est pas, en elle-même, un signe de faiblesse spirituelle.
Tu n'as donc pas à te reprocher d'être angoissé.
2. Tu peux être soutenu par Dieu sans parvenir à ressentir sa présence
Paul écrit :
« Ma grâce te suffit, car ma puissance s'accomplit dans la faiblesse. » (2 Corinthiens 12.9)
Remarque bien : Dieu ne promet pas toujours de supprimer immédiatement l'épreuve. Sa grâce peut aussi te soutenir au milieu de celle-ci.
Pendant une crise, tu n'as pas besoin de réussir à te sentir paisible, de comprendre ce qui t'arrive ou de produire une prière parfaite. Tu peux être un chrétien véritablement éprouvé, tout en restant un chrétien aimé de Dieu.
3. Tu peux prier avec seulement quelques mots
Puisque les crises peuvent rendre la prière difficile, tu pourrais te raccrocher à une phrase très simple :
« Seigneur Jésus-Christ, prends-moi en pitié et soutiens-moi dans cette souffrance. »
Ou même :
« Seigneur, je souffre. Soutiens-moi. »
Tu n'as pas besoin de répéter cette prière sans cesse ni de te forcer à prier. Si tu n'arrives plus à parler à Dieu, cela ne signifie pas que tu as échoué spirituellement.
4. La souffrance n'est pas nécessairement une épreuve à surmonter par ses seules forces
Le Psaume 23.4 dit :
« Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi. »
Le psalmiste ne prétend pas que la vallée n'existe pas. Il affirme que Dieu est avec lui au milieu de cette vallée.
Tu peux donc essayer de remplacer cette question : « Comment vais-je réussir à supporter tout cela ? » par une autre : « Comment puis-je traverser les prochaines minutes, en acceptant d'être soutenu plutôt qu'en exigeant de moi-même d'être fort ? »
Et si tu as besoin de parler à ta mère ou à quelqu'un d'autre pendant une crise, fais-le : recevoir du soutien humain n'est absolument pas contraire à la confiance en Dieu.
Enfin, tes crises d'angoisse sont une souffrance réelle, pas un défaut de foi. La réflexion théologique peut t'aider à les traverser, mais elle ne remplace pas le suivi médical et psychiatrique.
Je voudrais te laisser avec cette idée : tu n'as pas besoin d'être fort pour être aimé de Dieu. Même lorsque tu trembles, que tu as peur et que tu ne parviens plus à prier, tu peux te confier à sa grâce.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire