Oui, c’est globalement vrai, mais il faut apporter une nuance importante : Platon ne condamne pas simplement la sexualité ; il la considère comme inférieure à l’amour de l’âme et à la recherche de la vérité.
Voici trois idées essentielles.
1. Le corps est inférieur à l’âme. Pour Platon, le corps est soumis aux désirs, aux plaisirs et aux changements, tandis que l’âme peut rechercher les réalités éternelles et la vérité.
2. Le désir sexuel peut détourner de la sagesse. Si l’on recherche uniquement le plaisir physique, on risque de rester prisonnier de ses désirs plutôt que de cultiver son intelligence et sa vertu.
3. L’amour peut cependant nous élever. Dans Le Banquet, Platon présente une progression : on peut partir de la beauté d’un corps, puis découvrir la beauté des âmes, celle des actions vertueuses et, finalement, la beauté en elle-même.
Et quelle différence avec le christianisme ?
Il existe une ressemblance, mais aussi une différence fondamentale.
Chez Platon, le corps et ses désirs peuvent faire obstacle à l'élévation de l'âme.
Dans le christianisme, le corps est une création bonne de Dieu. La sexualité n'est donc pas mauvaise en elle-même, même si elle doit être vécue conformément à une exigence morale.
Dans le christianisme, l'incarnation du Christ et la résurrection des corps donnent une dignité particulière au corps humain.
Il faut toutefois nuancer : Platon ne méprise pas nécessairement tout amour physique, et le christianisme ne considère pas non plus tout désir sexuel comme bon.
En résumé : Platon tend à valoriser l'élévation de l'âme au-delà du corps ; le christianisme classique cherche plutôt à intégrer le corps et l'âme dans une conception unifiée de la personne humaine.
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