Les chrétiens de Bérée et leurs vérifications scripturaires constituent un très bel exemple biblique de discernement spirituel.
Le texte biblique : Actes 17.10-12
« Ceux-ci avaient des sentiments plus nobles que ceux de Thessalonique ; ils reçurent la parole avec beaucoup d'empressement, et ils examinaient chaque jour les Écritures, pour voir si ce qu'on leur disait était exact. »
— Actes 17.11, Louis Segond 1910
Paul et Silas arrivent à Bérée, en Macédoine, au cours de leur deuxième voyage missionnaire. Ils annoncent l'Évangile dans la synagogue juive.
Les Béréens ont alors trois attitudes remarquables.
Ils accueillent la Parole avec empressement. Ils ne sont pas fermés au message de Paul.
Ils examinent les Écritures chaque jour. Ils ne se contentent pas de croire un prédicateur sur parole.
Ils vérifient si son enseignement est exact. Ils confrontent ce qu'ils entendent aux Écritures.
Le résultat est positif : beaucoup d'entre eux croient, ainsi que des Grecs, hommes et femmes (Actes 17.12).
Que signifie vérifier l'enseignement de Paul ?
Les Béréens ne rejettent pas systématiquement ce que Paul leur annonce, mais ils ne l'acceptent pas non plus aveuglément.
Ils recherchent dans les Écritures, c'est-à-dire principalement dans l'Ancien Testament, si l'annonce apostolique concernant Jésus-Christ est conforme au dessein de Dieu.
Dans ce contexte, Paul annonce que le Messie devait souffrir et ressusciter, et que Jésus est ce Messie (Actes 17.2-3).
Leur démarche consiste donc à confronter une prédication à l'autorité des Écritures.
Quelles leçons pour les chrétiens aujourd'hui ?
Première leçon : aucun prédicateur n'est au-dessus de l'examen biblique.
Le prestige, le titre universitaire ou l'autorité ecclésiastique d'un enseignant ne dispensent pas d'examiner son enseignement à la lumière de la Bible.
Deuxième leçon : vérifier ne signifie pas être systématiquement méfiant.
Les Béréens associent l'empressement à recevoir la Parole et l'examen attentif. On peut être ouvert à un enseignement tout en le vérifiant.
Troisième leçon : il faut distinguer le texte biblique de son interprétation.
Un enseignant peut citer correctement un verset tout en lui donnant un sens discutable. Il faut examiner le contexte, le raisonnement et l'ensemble de l'enseignement biblique.
Les Béréens permettent-ils de tout juger uniquement par son interprétation personnelle ?
Il faut apporter une nuance importante.
Actes 17.11 encourage explicitement l'examen des Écritures, mais ne prétend pas que chaque lecteur possède automatiquement une interprétation infaillible de la Bible.
Deux erreurs sont donc à éviter.
Le suivisme : accepter un enseignement simplement parce qu'il vient d'une autorité religieuse.
L'individualisme absolu : considérer que sa propre interprétation est nécessairement juste dès lors qu'on croit l'avoir fondée sur la Bible.
La lecture attentive, le contexte historique et littéraire, la comparaison des passages bibliques et la discussion avec d'autres chrétiens contribuent au discernement.
Un principe complémentaire : 1 Thessaloniciens 5.21
Paul écrit :
« Mais examinez toutes choses ; retenez ce qui est bon. »
Ce verset complète admirablement l'exemple des Béréens : il ne s'agit ni de tout accepter ni de tout rejeter, mais d'examiner et de retenir ce qui est bon.
En résumé, le chrétien est appelé à recevoir avec reconnaissance l'enseignement fidèle, tout en vérifiant ce qui lui est annoncé à la lumière des Écritures. L'exemple des Béréens invite à une foi à la fois accueillante, réfléchie et enracinée dans la Parole de Dieu.
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