L'écologie profonde (deep ecology) est un courant philosophique et éthique né au début des années 1970 sous l'impulsion du philosophe norvégien Arne Næss. Elle se distingue de l'« écologie superficielle » (shallow ecology), qui cherche principalement à protéger l'environnement pour le bien-être de l'être humain.
L'idée centrale
L'écologie profonde affirme que :
Tous les êtres vivants possèdent une valeur intrinsèque, indépendamment de leur utilité pour l'homme.
Autrement dit, une baleine, un loup, une forêt ou un insecte ont une valeur propre. Ils ne valent pas seulement parce qu'ils sont utiles à l'humanité.
Cette vision s'oppose à une conception strictement anthropocentrique, selon laquelle l'homme est la mesure de toute chose.
Les huit principes de l'écologie profonde
En 1984, Arne Næss et le philosophe américain George Sessions ont formulé une plateforme en huit points. En résumé :
- Toute vie possède une valeur intrinsèque.
- La diversité du vivant est une valeur en elle-même.
- L'homme ne peut réduire cette diversité que pour satisfaire des besoins vitaux.
- Une diminution de la population humaine favoriserait l'épanouissement du vivant.
- L'intervention humaine dans la nature est excessive.
- Des changements politiques, économiques et technologiques profonds sont nécessaires.
- Il faut privilégier la qualité de vie plutôt que l'accumulation matérielle.
- Ceux qui adhèrent à ces principes doivent agir pour les mettre en œuvre.
Les influences
L'écologie profonde puise son inspiration dans plusieurs traditions :
- le philosophe Baruch Spinoza, avec l'idée de l'unité de la nature ;
- les écrits d'Aldo Leopold et sa « Land Ethic » ;
- certaines traditions orientales, notamment le bouddhisme et l'hindouisme, qui insistent sur l'interdépendance de tous les êtres.
Paul Watson et l'écologie profonde
Paul Watson se réclame explicitement de cette philosophie. Il considère que :
- les océans ne sont pas une ressource destinée à l'homme ;
- les baleines, les dauphins ou les requins ont un droit à l'existence ;
- l'être humain n'est qu'une espèce parmi d'autres.
Cette conviction explique pourquoi il estime parfois légitime d'intervenir directement contre des activités qu'il juge destructrices, même si ces interventions sont controversées.
Les critiques
L'écologie profonde fait l'objet de critiques provenant de plusieurs horizons.
- Des humanistes lui reprochent de minimiser la dignité particulière de l'être humain.
- Certains écologistes la jugent trop radicale ou difficile à traduire en politiques publiques.
- Des théologiens chrétiens estiment qu'elle risque d'effacer la distinction entre l'homme et les autres créatures.
Le regard chrétien
Puisque nous avons souvent parlé de théologie, il est intéressant de comparer cette approche avec la vision biblique.
Le christianisme affirme à la fois que :
- la création est bonne et mérite d'être protégée (Genèse 1 ; Psaume 104) ;
- l'homme est créé à l'image de Dieu (Genèse 1.26-27), ce qui lui confère une dignité et une responsabilité particulières.
Ainsi, la plupart des théologiens chrétiens, qu'ils soient catholiques, orthodoxes ou protestants évangéliques (comme Henri Blocher ou Alain Nisus), soutiennent une éthique de la gérance (stewardship) : l'homme n'est ni un exploiteur absolu de la nature ni un être identique aux autres espèces ; il en est le gardien responsable devant Dieu.
En ce sens, le christianisme partage avec l'écologie profonde le souci de protéger la création, mais il s'en distingue en maintenant la place singulière de l'être humain dans l'ordre de la création.
L'écologie profonde (deep ecology) est une philosophie environnementale qui va bien au-delà de la simple protection de la nature. Elle propose une remise en cause de la place de l'homme dans le monde.
Son origine
Le concept a été formulé en 1973 par Arne Næss. Il distinguait :
- l'écologie superficielle (shallow ecology), qui protège la nature parce qu'elle est utile à l'être humain (santé, ressources, qualité de vie) ;
- l'écologie profonde (deep ecology), qui considère que la nature mérite d'être protégée pour elle-même.
Les principes essentiels
L'écologie profonde repose notamment sur les idées suivantes :
- La valeur intrinsèque du vivant : tous les êtres vivants ont une valeur propre, indépendamment de leur utilité pour l'homme.
- L'interdépendance : toutes les formes de vie sont liées entre elles au sein d'un même écosystème.
- La critique de l'anthropocentrisme : l'homme n'est pas le centre ni le but de la création.
- La sobriété : une réduction de la consommation matérielle est nécessaire pour préserver les écosystèmes.
- Le respect de la biodiversité : la diversité biologique est une richesse en elle-même.
Ce que l'écologie profonde n'est pas
Il est important de ne pas la caricaturer.
Elle n'affirme pas que toutes les formes de vie sont identiques en tous points. En revanche, elle soutient que l'être humain ne possède pas un droit moral illimité à exploiter les autres espèces.
Selon les auteurs qui s'en réclament, les conséquences pratiques peuvent être très différentes : certains privilégient l'éducation et les changements de mode de vie, d'autres défendent des formes de militantisme beaucoup plus direct.
Les critiques
L'écologie profonde est discutée sur plusieurs points.
Des philosophes lui reprochent de ne pas toujours expliquer clairement comment arbitrer entre les intérêts de différentes espèces lorsque leurs besoins entrent en conflit.
Certains écologistes estiment également qu'elle peut conduire à sous-estimer les enjeux sociaux (pauvreté, justice, développement) en mettant l'accent avant tout sur la nature.
Le point de vue chrétien
Du point de vue de la théologie chrétienne classique, il existe à la fois des convergences et des divergences.
Les convergences sont réelles :
- la création est l'œuvre de Dieu et doit être respectée ;
- l'homme ne peut exploiter la nature sans limite ;
- la responsabilité envers les générations futures est importante.
En revanche, la tradition chrétienne s'écarte de l'écologie profonde sur un point fondamental : elle affirme que l'être humain est créé à l'image de Dieu (Genèse 1,26-27). Cette dignité particulière ne l'autorise pas à dominer de façon abusive la création, mais elle lui confère une responsabilité spécifique de gérance.
Des théologiens évangéliques comme Henri Blocher ou Alain Nisus défendent ainsi une position équilibrée : ils refusent à la fois un anthropocentrisme qui justifierait l'exploitation sans limites de la nature et un biocentrisme qui placerait toutes les formes de vie sur un même plan moral.
En résumé, l'écologie profonde a profondément influencé la pensée écologique contemporaine et des militants comme Paul Watson. Elle partage avec le christianisme le souci de protéger la création, mais elle s'en distingue par son refus de reconnaître à l'être humain une place singulière dans l'ordre de la création.
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