Oui. La Bible utilise énormément d’images, de métaphores, d’hyperboles et d’autres figures de style. Il faut donc parfois éviter de prendre certains textes au pied de la lettre.
1. Les métaphores
Une métaphore décrit une réalité en utilisant l'image d'une autre réalité.
- « L'Éternel est mon berger » (Ps 23.1) → Dieu n'est évidemment pas littéralement un berger avec des moutons : il prend soin de son peuple comme un berger prend soin de son troupeau.
- « Vous êtes le sel de la terre » (Mt 5.13) → les disciples ne sont pas du sel physiquement ; ils doivent exercer une influence bénéfique dans le monde.
- « Vous êtes la lumière du monde » (Mt 5.14).
- « Je suis la porte » (Jn 10.9) → Jésus n'est évidemment pas une porte matérielle.
- « Je suis le bon berger » (Jn 10.11).
- « Moi, je suis la vigne ; vous, vous êtes les sarments » (Jn 15.5).
2. Les images
La Bible emploie constamment des images pour rendre une réalité spirituelle concrète.
Par exemple :
- Dieu comme un père (Mt 6.9)
- Dieu comme un rocher (Ps 18.3)
- Dieu comme une forteresse (Ps 18.3)
- Dieu comme une mère qui console (És 66.13)
- le péché comme une dette (Mt 6.12)
- le salut comme une lumière (És 9.1 ; Jn 8.12)
- la mort comme un sommeil (Jn 11.11-14)
- l'Église comme un corps (1 Co 12.27)
- l'Église comme une épouse (Ép 5.25-32 ; Ap 19.7).
3. Les hyperboles
L'hyperbole exagère volontairement pour produire un effet fort.
Jésus en utilise beaucoup :
« Si ton œil droit te pousse à mal agir, arrache-le et jette-le loin de toi. »(Mt 5.29)
Il ne donne pas ici un commandement littéral de s'énucléer : il utilise une hyperbole extrêmement forte pour montrer la gravité du péché.
Autre exemple :
« Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu. »(Mt 19.24)
C'est une image hyperbolique destinée à frapper les esprits.
Encore :
« Si vous aviez de la foi comme un grain de moutarde... vous diriez à cette montagne : Transporte-toi d'ici là-bas. »(Mt 17.20)
Là encore, Jésus utilise une image extrêmement forte pour parler de la puissance de la foi.
4. Les anthropomorphismes
La Bible attribue à Dieu des caractéristiques humaines pour nous permettre de comprendre son action.
Par exemple :
- « Les yeux de l'Éternel » (Ps 34.16)
- « Les oreilles de l'Éternel » (Ps 34.16)
- « Le bras de l'Éternel » (És 53.1)
- « La main de Dieu » (Esd 7.6)
- « Dieu se repentit » (Gn 6.6).
Dieu étant esprit, il ne faut pas nécessairement comprendre ces expressions comme décrivant littéralement son anatomie ou ses émotions humaines.
5. La personnification
Une réalité non humaine est présentée comme une personne.
Par exemple :
« La sagesse crie dans les rues » (Pr 1.20).
La sagesse est présentée comme une femme qui parle.
Autre exemple :
« La création tout entière soupire » (Rm 8.22).
La création ne possède évidemment pas littéralement une bouche et des poumons : Paul personnifie la création pour exprimer son attente de la rédemption.
6. La comparaison
Elle rapproche explicitement deux réalités, souvent avec « comme ».
« Comme un père a compassion de ses enfants, l'Éternel a compassion de ceux qui le révèrent. »(Ps 103.13)
Ou :
« Comme un agneau qu'on mène à l'abattoir » (És 53.7).
7. Les paradoxes
La Bible aime aussi les formulations apparemment contradictoires qui révèlent une vérité profonde.
« Celui qui voudra sauver sa vie la perdra. » (Mt 16.25)
« Quand je suis faible, c'est alors que je suis fort. » (2 Co 12.10)
« Les derniers seront les premiers, et les premiers seront les derniers. » (Mt 20.16)
8. Les symboles
Certains nombres, objets ou images ont une valeur symbolique.
Par exemple dans l'Apocalypse :
- l'Agneau → le Christ (Ap 5)
- le dragon → Satan (Ap 12.9)
- la bête → puissance opposée à Dieu (Ap 13)
- Babylone → symbole d'un système de puissance opposé à Dieu (Ap 17–18)
- le nombre 666 → symbole particulièrement complexe (Ap 13.18)
- les sept sceaux, sept trompettes et sept coupes → séries symboliques organisant les visions apocalyptiques.
9. Pourquoi c'est important pour interpréter la Bible
On peut donc avoir cette règle très simple :
La Bible est vraie sans que chacune de ses phrases soit littérale.
Une phrase peut être vraie métaphoriquement, poétiquement, symboliquement ou hyperboliquement.
Par exemple :
« Dieu est mon rocher »
est parfaitement vraie, mais pas au sens géologique.
Et :
« Les montagnes sautèrent comme des béliers » (Ps 114.4)
est une image poétique, pas une description scientifique.
C'est particulièrement important pour les Psaumes, les Proverbes, les prophètes et l'Apocalypse, qui utilisent énormément le langage imagé.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire