Oui, Jésus a souvent imposé les mains, et ce geste a une grande importance dans les Évangiles. Il est associé principalement à la guérison, à la bénédiction et à la transmission d’une mission ou d’une grâce.
Voici les principales situations :
1) Pour guérir les malades
C’est l’usage le plus fréquent.
- Guérison de malades divers :
« Il imposa les mains à quelques malades et les guérit. »(Marc 6,5)
- La belle-mère de Pierre :Jésus la prend par la main et la relève (Marc 1,31), un geste proche de l’imposition des mains par son intention de restauration.
- La femme courbée depuis dix-huit ans :
« Il lui imposa les mains ; à l'instant elle se redressa, et elle glorifiait Dieu. »(Luc 13,13)
- Un aveugle à Bethsaïda :Jésus lui impose les mains pour commencer sa guérison :
« Alors il lui imposa les mains une première fois... »(Marc 8,23-25)
2) Pour bénir les enfants
Un épisode très connu :
« On lui amena des petits enfants afin qu'il les touchât... Puis il les prit dans ses bras et les bénit en leur imposant les mains. »(Marc 10,13-16)
Ici, l’imposition des mains n’est pas une guérison, mais un signe de bénédiction et d’accueil dans le Royaume de Dieu.
3) Pour communiquer une grâce particulière
Jésus n’impose pas les mains explicitement pour instituer des ministères comme le feront ensuite les apôtres, mais son geste annonce cette pratique.
Dans l'Église primitive, l’imposition des mains devient le signe :
- de la réception de l’Esprit Saint (Actes 8,17 ; 19,6),
- de l’envoi en mission (Actes 13,3),
- de l’établissement des responsables d’Église (1 Timothée 4,14 ; 2 Timothée 1,6).
4) Le sens théologique du geste
Dans la Bible, poser les mains signifie souvent :
- toucher l’autre pour lui communiquer une bénédiction ;
- identifier quelqu’un à une mission ou une vocation ;
- manifester l’action de Dieu à travers un médiateur humain.
Chez Jésus, ce geste est particulièrement frappant car il manifeste son incarnation : Dieu ne guérit pas seulement par une parole distante, mais par un contact concret. Le toucher de Jésus devient un signe de la proximité du Royaume.
On peut aussi rapprocher cela de la formule d'Henri Blocher sur le mystère de l'Incarnation : le Dieu invisible se rend visible et accessible dans l'humanité du Fils. L’imposition des mains est précisément un de ces gestes où la grâce divine passe par une présence corporelle.
Une nuance intéressante : dans les Évangiles, Jésus n’a pas besoin d’imposer les mains pour agir (il guérit parfois simplement par une parole : « Va, ton fils vit » en Jean 4,50). Le geste n’est donc pas une technique magique ; il est un signe visible d’une autorité divine invisible.
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