Dans la Drôme, la principale tentative de recatholicisation des protestants se situe essentiellement dans la seconde moitié du XVIIᵉ siècle, sous le règne de Louis XIV, avec un point culminant entre 1679 et 1685, puis dans les années qui suivent la révocation de l'Édit de Nantes.
La chronologie est la suivante :
- 1661-1679 : le pouvoir royal commence à restreindre progressivement les droits des protestants. Des temples sont fermés ou détruits, les écoles réformées sont limitées et les possibilités d'exercer certaines professions sont réduites.
- 1679-1685 : la politique de conversion s'intensifie. Dans le Dauphiné, auquel appartient la Drôme, les autorités civiles et ecclésiastiques multiplient les pressions pour obtenir des abjurations.
- 1685 : la révocation de l'Édit de Nantes par l'édit de Fontainebleau interdit le culte protestant. Les temples sont détruits, les pasteurs sont expulsés, et les fidèles sont officiellement tenus de devenir catholiques.
- 1685-début du XVIIIᵉ siècle : malgré les conversions officielles, beaucoup de « nouveaux convertis » restent protestants en secret. Dans les régions protestantes de la Drôme (Diois, Baronnies, vallée de la Drôme, etc.), des assemblées clandestines du « Désert » se développent.
Pourquoi la Drôme est-elle particulièrement concernée ?
La Drôme faisait partie du Dauphiné, l'une des provinces françaises où le protestantisme réformé était le plus fortement implanté depuis le XVIᵉ siècle. Des régions comme :
- le Diois (autour de Die),
- les Baronnies,
- la Valdaine,
- Romans-sur-Isère,
- Crest,
comptaient une importante population protestante. C'est pourquoi elles furent l'objet d'une politique de recatholicisation particulièrement énergique.
En résumé, si l'on devait retenir une période, ce serait :
de 1679 à environ 1715, avec un point culminant en 1685, lors de la révocation de l'Édit de Nantes.
Cette politique n'a toutefois jamais réussi à faire disparaître complètement le protestantisme drômois, qui a survécu dans la clandestinité jusqu'à l'édit de Tolérance de 1787, puis a retrouvé une existence légale après la Révolution française.
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